Le grand malaise des Britanniques blancs des classes pauvres face à l’immigration!

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Le grand malaise des Britanniques blancs des classes pauvres face à l’immigration!

Message  Klaus-kampf le Mer 26 Mar - 15:09

ROYAUME-UNI. La «white working class» se sent peu représentée par les politiciens. Reportage dans l'East End de Londres.

Eric Albert, Londres
Samedi 15 mars 2008


Avec son visage rond et rougeaud, son tablier blanc impeccable et son sourire bonhomme, Peter incarne le boucher anglais typique. Mais, derrière son comptoir rempli d'entrecôtes, il ne cache pas sa colère. «Je vais vous dire le problème: ce sont les immigrés», explique-t-il avec un accent cockney à couper au couteau.

Immédiatement, les clients de cette petite boucherie de l'East End (est de Londres), quartier traditionnel des classes populaires, opinent. «Les immigrés nous ont pris notre quartier, affirment Brenda, 65 ans, à la mise en plis blonde impeccable. Nous sommes devenus des citoyens de troisième classe.»

Les Britanniques blancs des classes pauvres sont en proie à un grand malaise. Cette white working class, autrefois célébrée pour son comportement héroïque pendant le Blitz (cette partie de Londres a été particulièrement bombardée), se sent désormais méprisée. Selon un sondage de la BBC, qui vient de consacrer une semaine à des films et des documentaires sur le sujet, 58% ne se sentent pas représentés par les politiciens, contre 46% pour la classe moyenne. De même, 52% pensent que l'immigration est une mauvaise chose, contre 33% pour la classe moyenne.

Simple racisme ambiant? «Ça n'a rien à voir avec du racisme, rétorque immédiatement Peter, le boucher. Mais ma fille était la seule Blanche de toute sa classe. Je ne voulais pas que mes quatre enfants soient élevés dans ces conditions.» Il a depuis déménagé en très lointaine banlieue, préférant faire trois heures de transport par jour.

L'East End a connu un changement radical en trente ans. En 1971, 3000 personnes originaires du Bengladesh y habitaient. En 2001, lors du dernier recensement, il y en avait 65000, soit environ le tiers de la population. «On n'est plus chez nous», s'écrie Brenda.

La principale plainte concerne l'accès aux aides publiques. Tous sont persuadés que les immigrés reçoivent un traitement de faveur. «Ça fait dix ans que mon fils est sur la liste d'attente pour obtenir un logement social, mais des Somaliens viennent de recevoir un quatre pièces après seulement quelques semaines», ronchonne Robert, chauffeur de camion de 62 ans.

Geoff Dench and Kate Gavron, auteurs d'une vaste étude sur le sujet, avec plus d'un millier d'interviews réalisées auprès des habitants du quartier, confirment l'impression populaire. Non pas parce que les immigrés sont «favorisés», mais parce que l'attribution des logements sociaux se fait en fonction des besoins. Les familles immigrées, généralement les plus pauvres, sont donc servies en priorité. Inversement, ceux qui sont sur la liste d'attente depuis des années se font régulièrement dépasser par des cas jugés plus urgents. «Cela a eu un effet sur la destruction des liens familiaux et communautaires de l'East End», notent les deux chercheurs.

Mais le malaise des Blancs pauvres va au-delà des simples problèmes économiques. «Leur identité est rabaissée, s'agace Carl Chinn, professeur à l'Université de Birmingham, grand spécialiste de la working class. Leur patriotisme, autrefois célébré, est dénigré par la classe moyenne, qui a peur d'être accusée de racisme. Il est plus courant aujourd'hui de célébrer les autres cultures que la sienne.»

Cette attitude, héritage de plusieurs décennies de célébration du multiculturalisme (lire ci-contre), a mis en place une situation politiquement explosive. La colère des Blancs pauvres, si elle ne s'est jusqu'à présent jamais transformée en racisme violent, forme un terreau fertile à une poussée extrémiste. En 2006, le parti d'extrême droite BNP (British National Party) a remporté une vingtaine de sièges aux municipales. Rien de significatif au niveau national, mais la percée était importante dans plusieurs quartiers urbains populaires.

Sheryl, 71 ans, qui s'était abstenue toute sa vie, s'est mise à voter BNP il y a deux ans. Elle montre du doigt son HLM vieillissant, au coin de la rue de la boucherie de Peter. «Ça mériterait un coup de peinture, vous ne trouvez pas? On n'en demande pas beaucoup. Mais il faut qu'on pense un petit peu à nous.»
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